L’OTAN veut s’instruire auprès d’Israël, mais tout ce qu’il apprendra c’est comment tuer et perpétuer la guerre, écrit Gilad Atzmon.
« Israël est la lumière au-dessus des nations, » dit le Torah. En effet c’est ce qu’il est, et pas simplement parce que la Torah le dit. Israël est en tête sur beaucoup de fronts. Par exemple dans la capacité à terroriser les populations civiles et à appliquer les plus dévastatrices et meurtrières tactiques contre des vieux, des femmes et des enfants.
Le Jerusalem Post a rapporté le 22 novembre que le responsable du Comité militaire de l’OTAN, l’amiral Giampaolo Di Paola, avait visité Israël plus tôt cette même semaine pour étudier « les tactiques et méthodes utilisées par les IDF [forces armées israéliennes] et que l’alliance militaire pourrait utiliser pour sa guerre en Afghanistan ». Un haut fonctionnaire israélien du secteur de la défense a ajouté : « La chose à l’esprit de l’OTAN aujourd’hui est comment gagner en Afghanistan... Di Paola a été très impressionné par les IDF, qui représentent une source d’informations de premier plan grâce à notre expérience opérationnelle. »
Je conseillerais à ce haut fonctionnaire israélien et à l’amiral Di Paola de modérer légèrement leur enthousiasme. L’armée israélienne n’a pas gagné une seule guerre depuis 1967. Oui, elle a assassiné beaucoup de civils, elle a écrasé beaucoup de villes, affamé des millions de gens, commis des crimes de guerre sur une base quotidienne durant des décennies, mais elle n’a pas gagné une seule guerre. Ainsi les DF ne peuvent pas vraiment apprendre à l’OTAN comment gagner en Afghanistan. Si les généraux de l’OTAN sont assez stupides pour adopter les tactiques des IDF, ils verront rapidement s’empiler devant eux, comme les généraux israéliens, les accusations de crimes de guerre. Ils seront peut-être même assez chanceux pour partager leurs cellules avec quelques Israéliens le moment voulu, une fois que justice aura été rendue.
L’amiral Di Paola a passé deux jours avec le l’infâme général Gabi Ashkenazi, chef d’état-majour des IDF, l’homme qui a lancé l’armée israélienne sur Gaza en décembre dernier.
Dans l’état juif on était très enthousiastes en ce qui concerne la visite de l’amiral Di Paola. Cette visite a été perçue comme une nouvelle confirmation que « les affaires vont comme d’habitude [business as usual] ». La visite d’un responsable de premier plan de l’OTAN avait pour but de convaincre [les Israéliens] que personne n’avait pris note du rapport Goldstone. « La visite de Di Paola’s est significative » dit le Jerusalem Post, « puisqu’elle vient à un moment où l’IDF est confronté à une critique croissante à la suite du rapport Goldstone sur l’opération « Cast lead » [large et meurtrière agression contre Gaza en décembre 2008 et janvier 2009] et aussi après une décision de la Turquie — un membre de l’OTAN - d’interdire à Israël des exercices aériens communs. »
Il serait cependant serait de la plus haute importance de réfléchir aux intérêts mutuels émergeant entre les deux parties, Israël et l’OTAN. « Au cours de leur réunion de mercredi, Ashkenazi et Di Paola ont discuté comment améliorer les liens militaires entre Israël et l’OTAN, comme le projet d’inclure un navire de guerre de la marine israélienne dans ‘Active Endeavour’, une mission mise en place par l’OTAN après les attaques du 11 septembre [2001] où les navires de l’OTAN patrouillent la Méditerranée pour empêcher des trafics illégaux terroristes [ce qui semble signifier, pour le Jerusalem Post, que des trafics terroristes légaux peuvent exister... N.d.T.] »
C’est en effet une évolution nécessaire pour les Israéliens. En ce moment la marine israélienne agit en Méditerranée comme un ramassis de pirates yiddishs (Yidisshe piraten), prenant d’assaut, pillant et volant des navires dans les eaux internationales. Une fois que leur marine opérera sous le signe de l’OTAN, les Israéliens pourront terroriser chaque navire en haute mer au nom de « l’Occident ». Pour l’état juif ce serait un pas en avant important. Jusqu’ici les Israéliens avaient commis leurs atrocités au nom du peuple juif. Une fois qu’ils seront sous drapeau de l’OTAN, les Israéliens pourront exécuter leurs actes de piraterie au nom de « l’Europe ». Une telle évolution est une nouvelle évidence de la transition spirituelle et idéologique du sionisme qui passe de la « terre promise » à « la planète promise ».
Tandis que les Israéliens ont besoin désespérément de la légitimité de l’OTAN, l’OTAN est quant à elle bien plus modeste. Tout ce dont elle a besoin, c’est de connaissances et de tactiques. Pour quelque raison, l’OTAN insiste pour apprendre des Israéliens comment infliger des souffrances à une population civile. C’est-à -dire encore plus de souffrances que celles qu’elle inflige déjà . « Les fonctionnaires de l’OTAN ont déclaré que Di Paola avait l’habitude de tenir des réunions avec l’IDF pour se renseigner sur les nouvelles technologies qui peuvent être appliquée à la guerre en Afghanistan ».
Le Jerusalem Post fait remarquer qu’Israël est « un leader mondial reconnu dans le développement de blindages de protection contre les dispositifs explosifs improvisés [IED], connus sous le nom de bombes aux bords des routes. » C’est en effet le cas. Les généraux israéliens se sont rendus compte il y a longtemps que leurs jeunes et si délicats soldats préfèraient rester planqués dans leurs tanks plutôt que de se confronter à « l’ennemi », c’est-à -dire la population civile, les vieux, les enfants et les femmes.
Mais cela ne s’arrête pas là ... Di Paola est également intéressé « par les possibilités et les méthodes israéliennes de renseignements que les IDF emploient lorsqu’elles opèrent dans des lieux où vit une population civile. » Di Paola a pris note que « l’OTAN et les IDF faisaient face à des menaces semblables — L’OTAN en Afghanistan et Israël dans sa guerre contre le Hamas [résistance palestinienne] et le Hizbullah [résistance libanaise]. »
Je voudrais suggérer à l’amiral Di Paola qu’il lise trop sans tarder et dans sa totalité le rapport Goldstone, car il comprendrait ainsi ce qu’il encourra comme conséquences personnelles sur le plan judiciaire une fois qu’il aura commencé à mettre en application « les tactiques israéliennes ». Si l’amiral Di Paola veut rendre service à son armée, il devrait en effet visiter Israël et y rencontrer chaque criminel de guerre dans les cercles militaires et politiques, ainsi il saurait exactement ce qu’il ne faut pas faire.
Les possibilités pour l’OTAN de gagner sa guerre en Afghanistan ne sont pas limitées... elles sont nulles. L’OTAN ne peut que perdre. Quelques analystes militaires et généraux à la retraite prétendent même que cette guerre est déjà perdue. L’OTAN a déjà provoqué assez de carnages contre le peuple afghan et sans atteindre aucun de ses buts militaires ou politiques. Étant donné qu’Israël a été sévèrement humilié au Liban en 2006 par un petit groupe armé, le Hizbullah, et n’a pas pu atteindre ses objectifs militaires dans sa guerre génocidaire contre le Hamas, l’OTAN n’a rien à apprendre des Israéliens. Si l’OTAN décide de mettre en application les tactiques des IDF, tout ce qu’elle gagnera est une baisse dramatique de la sécurité pour l’Europe et les Etats-Unis.
Si nous sommes soucieux de la paix et si nous voulons qu’elle soit appliquée, ce que nous devons faire, c’est nous écarter autant que possible de toute affiliation spirituelle, idéologique, politique et militaire avec le sionisme, Israël et ses groupes d’influence. Si « Israël » est en effet une « lumière au-dessus des nations », que quelqu’un de plus intelligent nous explique alors pourquoi la perspective de la paix devient de en plus ténue et plus sombre.
Ma réponse est réellement simple. Israël ne peut être aisément considéré comme « la lumière des nations » tant que vous apprendrez d’Israël ce qu’il ne faut pas faire. En fait, c’est le message qui nous a été transmis par les grands prophètes humanistes Jésus et Marx. Aimer votre voisin, soyez parmi les autres, allez au-delà du tribal vers l’universel. C’st exactement ce que les Israéliens ne saisissent pas. Pour on ne sait quelle raison, ils s’aiment eux-mêmes presque autant qu’ils détestent leurs voisins.
Si l’amiral Di Paola veut « gagner les coeurs et les esprits » du peuple afghan (plutôt que de « gagner une guerre ») il devrait d’abord apprendre à aimer son prochain. C’est quelque chose qu’il n’apprendra pas à Jérusalem ou à Tel Aviv. Gaza, Ramallah ou Naplouse sont des lieux plus adaptés.